Calculer ma date de fin de droits
Exemple : licenciement fin octobre 2026
Salarié de 42 ans en poste depuis mars 2022, licencié le 31 octobre 2026, inscrit le 3 novembre. Salaire brut de 2 600 € par mois, 1 300 € d'indemnité compensatrice de congés payés et 2 500 € d'indemnités au-delà du minimum légal.
- Différé spécifique : 22 jours (2 500 € ÷ 111,8) ;
- différé congés payés : 15 jours (1 300 € ÷ salaire journalier de référence) ;
- puis 7 jours de délai d'attente : premier jour indemnisé le 14 décembre 2026 ;
- droits de 548 jours (730 jours de la période de référence × 0,75) : dernier jour indemnisé le 13 juin 2028, si l'indemnisation n'est pas interrompue.
Délai de carence : délai d'attente et différés
Ce qu'on appelle couramment la « carence » regroupe trois délais, appliqués dans cet ordre à partir de la fin du contrat :
- Différé spécifique : si vous avez touché des indemnités de rupture supérieures au minimum légal, leur part en plus divisée par 111,8 (valeur 2026), dans la limite de 150 jours (75 jours en cas de licenciement économique).
- Différé congés payés : l'indemnité compensatrice de congés payés divisée par votre salaire journalier de référence, dans la limite de 30 jours.
- Délai d'attente : 7 jours, qui commencent après les différés, et au plus tôt le jour de votre inscription à France Travail. Il ne s'applique qu'une fois par période de 12 mois.
S'inscrire tard ne fait pas perdre de jours de droits, mais retarde le premier versement : inscrivez-vous dès la fin du contrat, et au plus tard dans les 12 mois.
Dégressivité : la baisse de 30 % au 7e mois
Si vous aviez moins de 55 ans à la fin du contrat et que votre allocation dépasse 92,57 € par jour (environ 4 940 € brut par mois de salaire), elle baisse de 30 % à partir du 7e mois d'indemnisation, sans descendre sous 92,57 € par jour. Pour une fin de contrat avant le 1er avril 2025, l'âge d'exemption était de 57 ans.
Exemple : rupture conventionnelle fin octobre 2026 à 38 ans, salaire de 6 500 € brut. Premier jour indemnisé le 10 novembre 2026, baisse à partir du 10 mai 2027 environ, à 92,57 € par jour, et fin des droits le 8 février 2028 (15 mois au plus après une rupture conventionnelle depuis le 1er septembre 2026).
Comment la durée est calculée
- On compte les jours calendaires du premier jour du premier contrat des 24 derniers mois (36 à partir de 55 ans) jusqu'à la fin du dernier contrat. Les jours sans contrat comptent dans la limite de 70 % des jours travaillés.
- On multiplie par 0,75 (fins de contrat depuis le 1er février 2023, hors outre-mer), sans descendre sous 182 jours.
- La durée est plafonnée selon l'âge à la fin du contrat : 548 jours (18 mois) avant 55 ans, 685 jours (22,5 mois) à 55 et 56 ans, 822 jours (27 mois) à partir de 57 ans.
- Après une rupture conventionnelle dont le contrat prend fin à partir du 1er septembre 2026 : 456 jours (15 mois) avant 55 ans et 624 jours (20,5 mois) à partir de 55 ans.
Ce qui décale votre date de fin de droits
La date affichée suppose une indemnisation continue. Les jours non indemnisés ne sont pas perdus : ils repoussent la date de fin. C'est le cas notamment :
- d'une reprise d'emploi, même partielle (une partie des jours du mois n'est pas indemnisée) ;
- d'un arrêt maladie ou d'un congé maternité indemnisé par l'Assurance maladie ;
- d'une formation, qui suspend aussi le décompte de la dégressivité.
En fin de carrière, le maintien des allocations jusqu'à la retraite à taux plein est possible sous conditions (âge, durée d'affiliation, trimestres validés) : il n'est pas calculé ici. Vérifiez votre situation auprès de France Travail.
Questions fréquentes
Comment connaître ma date de fin de droits chômage ?
France Travail notifie une durée de droits en jours. La date de fin se calcule à partir du premier jour indemnisé (après le délai d'attente et les éventuels différés), en ajoutant cette durée, puis en la repoussant de chaque jour non indemnisé (reprise d'emploi, arrêt maladie, formation).
Quel est le délai de carence du chômage en 2026 ?
Il comprend un délai d'attente de 7 jours, précédé le cas échéant d'un différé congés payés (30 jours au plus) et d'un différé spécifique si vos indemnités de rupture dépassent le minimum légal (part en plus ÷ 111,8, dans la limite de 150 jours, 75 en cas de licenciement économique).
Combien de temps dure le chômage après une rupture conventionnelle ?
Pour un contrat qui prend fin à partir du 1er septembre 2026, 15 mois au plus avant 55 ans et 20,5 mois au plus à partir de 55 ans, contre 18 à 27 mois pour un licenciement. La durée réelle dépend de vos jours de travail des 24 ou 36 derniers mois.
Qui est concerné par la dégressivité du chômage ?
Les allocataires de moins de 55 ans à la fin du contrat dont l'allocation dépasse 92,57 € par jour, soit un salaire d'environ 4 940 € brut par mois. L'allocation baisse alors de 30 % à partir du 7e mois d'indemnisation, sans descendre sous 92,57 € par jour.
Que faire à la fin de mes droits au chômage ?
Demandez le RSA dès le mois où vos droits s'arrêtent : il n'est pas versé pour les mois antérieurs à la demande. Si vous travaillez, même à temps partiel, la prime d'activité peut aussi s'ajouter. France Travail peut également examiner vos droits à l'allocation de solidarité spécifique (ASS).
Dans quel délai faut-il s'inscrire à France Travail ?
Dans les 12 mois qui suivent la fin du contrat, faute de quoi les droits liés à ce contrat sont perdus (sauf allongement, par exemple pendant un arrêt maladie). Mieux vaut s'inscrire dès la fin du contrat : le délai d'attente ne commence qu'à partir de l'inscription.
Pour aller plus loin
Estimation indicative fondée sur les règles de l'Unédic et de France Travail (délai d'attente, différés, durée d'indemnisation, dégressivité). Seule la notification de France Travail fait foi. Situations non couvertes : résidence outre-mer, intermittents du spectacle, travailleurs saisonniers, rechargement de droits, maintien des droits jusqu'à la retraite.